1. Introduction : le compactage comme levier de réduction d’empreinte carbone et de coûts
Le compactage des déchets est une stratégie méconnue mais extrêmement efficace dans une démarche de réduction d’empreinte carbone. En diminuant le volume occupé par les déchets, on réduit également la fréquence des collectes et donc les transports associés. Moins de rotations de camions signifie non seulement des économies logistiques, mais aussi une baisse directe des émissions de gaz à effet de serre. Cela s’inscrit parfaitement dans une démarche RSE et une logique de transition écologique des entreprises.
Derrière ce geste technique se cache un levier stratégique de performance environnementale et économique. Encore faut-il savoir quels déchets peuvent être compactés efficacement et lesquels doivent être gérés autrement. Cet article propose un tour d’horizon complet, en détaillant les flux les plus courants, leurs spécificités et les équipements adaptés.
2. Les déchets cartons et papiers
Les cartons, papiers et déchets fibreux sont idéaux pour le compactage. Faciles à stocker, faiblement contaminés, ces flux permettent une réduction de volume significative (jusqu’à 90%) avec une presse à balles verticale ou horizontale. Ces équipements sont particulièrement adaptés aux environnements produisant régulièrement des volumes conséquents de cartons : livraisons, expéditions, conditionnements…
Avantages :
- Réduction du volume d’encombrement dans les zones de stockage
- Moins de collectes nécessaires, donc réduction des coûts
- Valorisation facilitée : les recycleurs apprécient les balles homogènes, faciles à transporter et à trier
- Sécurité accrue : un stockage maîtrisé limite les risques d’incendie et de chute de matériaux
Utilisé notamment dans :
- Grande distribution : hypermarchés, supermarchés
- Entrepôts logistiques
- Industrie de transformation ou de conditionnement
- Imprimeries et centres de reprographie
- Centres administratifs et collectivités
Équipements adaptés :
- Presses verticales (pour faibles à moyens volumes)
- Presses horizontales (pour gros volumes ou automatisation souhaitée)
Le choix dépendra du tonnage mensuel, de la fréquence des collectes, de la place disponible et de la stratégie de valorisation en place.
3. Les plastiques légers et films étirables
Ces flux sont également adaptables au compactage, mais ils présentent des spécificités. Leur légèreté les rend volatils, et leur faible densité peut gêner la formation de balles compactes. Les films plastiques ont aussi tendance à se détendre après compactage s’ils ne sont pas bien maintenus. Une solution adaptée est l’utilisation de compacteurs avec ensachage intégré (ex : systèmes Longopac) qui permettent de contenir le flux dans un sac étanche et sécurisé.
Points de vigilance :
- Risque de dispersion des films si mal contenus, surtout en extérieur ou en zone ventilée
- Densité faible = besoin de compacter plus souvent pour un volume utile
- Risque de mélange avec des plastiques souillés : à éviter pour assurer la qualité du recyclage
Secteurs utilisant ces solutions :
- Plateformes logistiques (e-commerce, grande distribution)
- Industrie agroalimentaire (films de regroupement)
- Entreprises de conditionnement et d’emballage
Équipements recommandés :
- Presses spécifiques pour plastiques légers
- Compacteurs ensacheurs Longopac
- Bennes compactrices pour plus gros volumes
Le tri à la source est ici essentiel pour éviter la contamination des plastiques, et garantir leur recyclabilité.
4. Les déchets alimentaires et biodéchets
Le compactage de ces flux est fortement déconseillé. Leur taux d’humidité élevé génère des lixiviats (liquides de décomposition) et des odeurs, avec des risques sanitaires accrus (prolifération de bactéries, moisissures, nuisibles). De plus, le compactage favorise la fermentation anaérobie (sans oxygène), ce qui peut produire du méthane, gaz à fort potentiel de réchauffement climatique.
Alternatives recommandées :
- Tri à la source pour séparer les biodéchets des autres flux
- Compostage sur site (micro-méthanisation, composteurs électromécaniques)
- Valorisation par méthanisation via un prestataire agréé
Exemples de secteurs concernés :
- Restauration collective et commerciale
- Supermarchés et magasins d’alimentation
- Agroalimentaire (chutes de production, invendus)
- Hôpitaux et maisons de retraite (restes de repas)
Équipements conseillés :
- Conteneurs étanches pour le stockage intermédiaire
- Supports de tri avec signalétique spécifique
- Solutions de pesée connectée pour le suivi des quantités produites
L’enjeu ici est double : répondre aux obligations réglementaires (tri à la source des biodéchets) et optimiser la valorisation de cette ressource organique.
5. Les déchets métalliques et encombrants
Métaux :
Certains déchets métalliques peuvent être compactés, mais cela nécessite des machines spécifiques dotées de structures renforcées. Par exemple, les canettes en aluminium ou les petits copeaux métalliques issus d’ateliers peuvent être pressés en blocs denses.
Précautions à prendre :
- Vérifier l’absence de pièces coupantes ou dangereuses
- Respecter les normes de sécurité liées aux équipements sous pression
Encombrants :
Les déchets encombrants (mobilier, palettes cassées, équipements en fin de vie…) posent d’autres problèmes : leur volume et leur nature hétérogène les rendent difficilement compactables sans étape de pré-découpage ou de démantèlement.
Exemples d’encombrants :
- Mobilier de bureau ou scolaire
- Matériel informatique hors d’usage (hors DEEE)
- Structures en bois, métal ou plastique rigide
Solutions :
- Utiliser des compacteurs à cisaille ou presses hydrauliques spécifiques
- Faire appel à une benne à encombrants avec transport direct en déchetterie
Contextes concernés :
- Déchetteries professionnelles
- Entreprises en déménagement ou réaménagement
- Collectivités, écoles, hôpitaux
6. Les déchets dangereux ou spéciaux
Ils ne doivent jamais être compactés. Il s’agit des produits chimiques, peintures, solvants, piles, DEEE, lampes fluorescentes, aérosols, etc. Le compactage risquerait d’entraîner des fuites, émissions de vapeurs toxiques, ou même des réactions chimiques incontrôlables.
Pourquoi c’est dangereux :
- Risque d’explosion sous pression (ex : aérosols)
- Contamination des surfaces et des autres déchets
- Détérioration des équipements
Impératifs à respecter :
- Tri rigoureux à la source
- Stockage en contenants homologués et fermés
- Étiquetage clair des flux
- Recours à des filières agréées avec bordereaux de suivi réglementaires
Exemples de déchets dangereux :
- Huiles usagées, solvants, acides
- Piles et accumulateurs
- Lampes contenant du mercure
- Déchets de soins à risques infectieux (DASRI)
Ces déchets relèvent de réglementations strictes (code de l’environnement, ADR pour le transport), et leur gestion doit être encadrée par des professionnels habilités.
7. Limites techniques du compactage
Le compactage est une technologie performante, mais elle n’est pas universelle. Plusieurs limites doivent être prises en compte avant tout déploiement :
Facteurs limitants :
- Volume maximal traitable : selon le type de presse, un débit trop important peut saturer rapidement la machine
- Type de matériau : les matières humides, collantes ou denses peuvent détériorer le matériel ou réduire son efficacité
- Présence de liquides : contre-indiqué sauf pour certaines machines étanches
- Hétérogénéité des déchets : plus les flux sont mélangés, moins le compactage est performant
Autres contraintes :
- Espace disponible dans les locaux
- Accès pour le matériel roulant (transpalettes, bennes)
- Maintenance et sécurité : obligation de formation des opérateurs
Une étude préalable est essentielle pour adapter l’équipement au contexte réel du site.
8. Gains du compactage quand il est bien utilisé
Lorsqu’il est appliqué sur des flux appropriés et avec un équipement adapté, le compactage offre des bénéfices opérationnels, économiques et environnementaux majeurs :
Bénéfices directs :
- Jusqu’à 80 % de réduction de volume
- Diminution du nombre de collectes (jusqu’à 5 fois moins)
- Réduction des coûts de transport et de gestion
- Moins d’espace de stockage requis (gain de m² au sol)
Bénéfices indirects :
- Valorisation accrue : des balles propres attirent de meilleurs prix
- Amélioration de l’image environnementale de l’entreprise
- Conformité réglementaire facilitée
- Amélioration des conditions de travail (espaces dégagés, moins de manutention)
Chiffres clés observés :
- Retour sur investissement d’un compacteur en 12 à 24 mois
- Jusqu’à 40 % d’économie sur les coûts globaux de gestion des déchets
- Gain de productivité : moins de temps passé à manipuler les déchets
9. Importance de l’accompagnement professionnel
Un déploiement de compactage réussi repose sur plusieurs piliers :
Étapes à ne pas négliger :
- Audit initial : identification des flux, volumes, contraintes
- Choix du matériel : adapté aux besoins, à la place disponible et aux types de déchets
- Formation des équipes : sécurité, tri préalable, maintenance de base
- Suivi et optimisation continue : analyser les retours, ajuster si besoin
Prestations utiles à solliciter :
- Étude de faisabilité
- Tests de matériel sur site
- Maintenance préventive
- Reprise des déchets compactés par filière
10. Conclusion : tout flux n’est pas compactable, mais chaque flux a une solution adaptée
Il serait contre-productif de chercher à compacter tous les déchets à tout prix. Une bonne stratégie repose sur une analyse fine des flux, des caractéristiques physiques et des risques liés. Cela permet de déployer des solutions sur mesure, efficaces et conformes.
Pour aller plus loin, Tri-Logic accompagne les professionnels dans le choix, l’installation et l’exploitation de solutions de compactage adaptées à chaque typologie de déchet :
- Presses à balles pour carton et papier
- Matelasseurs pour le calage
- Systèmes Longopac pour films plastiques et DIB légers
- Supports de tri modulaires pour organiser les flux en amont
- Formations et audit initial pour bien démarrer


